Une information inquiétante est apparue le 1er juin 2025 sur le site Web de l’Association sectorielle paritaire Auto Prévention sous la plume de David Lebeau et Marianne Laforte. On y apprend que des nettoyants de pièces mécaniques contenant de l’hexane sont de retour dans les garages d’entretien automobile. L’un des isomères de l’hexane est le n-hexane ou hexane normal, un solvant notoirement neurotoxique, causant une polynévrite sensitivo-motrice des membres inférieurs et supérieurs chez les utilisateurs.
Les mécaniciens utilisaient jadis des dégraissants en bombe aérosol à base de solvants chlorés pour le nettoyage de pièces métalliques, notamment pour les freins. L’avantage de tels solvants était leur grande efficacité de nettoyage, leur évaporation rapide et leur ininflammabilité. L’un des solvants chlorés est le perchloréthylène, également appelé tétrachloréthylène, classé comme probablement cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les fabricants ayant été invités à proposer des solutions de remplacement, certains d’entre eux ont procédé à une substitution regrettable en mettant sur le marché des nettoyants contenant du n-hexane. L’intoxication des travailleurs ayant par la suite été documentée (voir pp. 1011-1013), certains fabricants ont remplacé le n-hexane par de l’heptane, moins toxique, ou par de l’acétone.
La solution proposée par l’équipe Solub dans la fiche portant sur le dégraissage de pièces mécaniques et de freins en mécanique automobile est l’utilisation de nettoyants aqueux. Auto Prévention avait d’ailleurs publié un article de François Bélanger en 2012 illustrant la mise en œuvre de nettoyants aqueux dans des garages québécois. L’article de M. Lebeau et de Mme Laforte rapporte maintenant que des mécaniciens se plaignent qu’il soit alors nécessaire d’utiliser une soufflette pour débarrasser les pièces nettoyées de l’eau résiduelle, rendant le milieu de travail bruyant.
Une autre solution envisageable serait de procéder à un rinçage final des pièces à l’acétone, un solvant moins toxique que les solvants chlorés. Cependant, tel qu’indiqué par l’équipe Solub dans la fiche précitée, « même si elles se sont avérées efficaces techniquement, les préparations à base d’acétone, en raison de la faiblesse du point d’éclair du solvant (-20°C), augmentent le risque d’incendie dans un environnement où ce risque est déjà bien présent. Moins toxique que de nombreux solvants organiques, cette cétone très volatile est cependant un irritant grave pour les yeux et ses vapeurs dépriment le système nerveux central. Puisqu’il existe des produits substitutifs efficaces entièrement en phase aqueuse, il est recommandé d’utiliser prioritairement ces produits. »
Tous les enjeux soulevés ici soulignent l’importance de mettre en place une démarche complète de substitution dans le but d’apporter des solutions acceptables pour l’ensemble des intervenants.

