Un article paraissait en juin 2019 dans la revue spécialisée Products Finishing concernant le remplacement du trichloréthylène (TCE) utilisé dans un appareil de dégraissage en phase vapeur par un solvant qualifié comme « non dangereux, ininflammable et non cancérogène ». Le solvant sert à nettoyer des pièces micro-usinées constituées notamment de cuivre, d’alliages de cuivre et d’acier inoxydable. Les pièces subissent ensuite un placage électrolytique pour les recouvrir de métaux tels que l’argent, le cuivre, le nickel et l’or.

L’article ne donne pas la composition du solvant substitutif sauf pour mentionner qu’il s’agit d’un « azéotrope fluoré », mais avec son nom commercial (SolVantage Vapor Solv), il est possible d’obtenir sa fiche de données de sécurité (FDS) en remplissant le formulaire en ligne sur le site Web du fournisseur. La FDS indique qu’il s’agit d’un mélange de trois solvants : 1,1,1,3,3-pentafluorobutane (50-60 %), trans-1,2-dichloroéthylène  (40-50 %), 1,1,2,2-tétrafluoro-1-(2,2,2-trifluoroéthoxy)éthane (1-5 %).

Par ailleurs, l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (U.S EPA) publiait en août 2019 un document  qui propose de désigner le trans-1,2-dichloroéthylène comme une « substance hautement prioritaire pour l’évaluation des risques ». L’une des préoccupations du U.S. EPA concerne l’exposition professionnelle à ce solvant chloré. Rappelons que le trans-1,2-dichloroéthylène possède une tension de vapeur élevée (336 mmHg à 25 oC), un point d’éclair faible (2 oC) et une recommandation de valeur limite de l’ACGIH de 200 ppm (8 h) pour prévenir la dépression du système nerveux central et l’irritation des yeux. D’autres exemples de mauvaises substitutions du TCE ont déjà été documentés.