En avril 2026, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) lançait une consultation publique jusqu’au 1er septembre 2026 concernant des changements aux valeurs d’exposition admissibles (VEA) des contaminants de l’annexe I du Règlement sur la santé et la sécurité du travail. Trois solvants volatils sont l’objet d’un abaissement de leur VEA : diacétone alcool, éther diisopropylique (acronyme anglais : DIPE), heptane normal (et ses isomères).

La CNESST propose d’attribuer une VEA (8h) de 20 ppm pour le DIPE, en accord avec la recommandation actuelle de l’ACGIH, en remplacement des deux VEA en vigueur actuellement au Québec (250 ppm, 8h; 310 ppm, 15 min) correspondant aux anciennes recommandations de l’ACGIH remontant à 1979. L’ACGIH indique que sa recommandation actuelle vise à prévenir les dommages embryo-fœtaux alors que son ancienne recommandation ne visait qu’à éviter l’irritation des yeux et des voies respiratoires supérieures.

En plus du danger toxique, l’équipe Solub désire alerter les intervenants en hygiène et sécurité du travail concernant le risque sécuritaire du DIPE. C’est d’abord un solvant très inflammable avec un point d’éclair de -28 0C (celui de l’acétone est de -20 0C). En outre, la classe chimique des éthers est susceptible de générer des peroxydes par auto-oxydation. Ce phénomène peut rendre certains éthers très dangereux. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) en France indique que le DIPE « est le solvant le plus facilement peroxydable; il est à l’origine de nombreuses explosions, le simple fait de manipuler un récipient de cet éther pouvant conduire à l’accident si le lot est ancien. » L’INRS recommande d’ailleurs de considérer le méthyl-tert-butyléther (MTBE) comme remplaçant du DIPE, car il est moins peroxydable.