En avril 2026, l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (U.S. EPA) publiait son ébauche d’évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement concernant l’ortho-dichlorobenzène (o-DCB). Cette étude avait été initiée en 2019, car le U.S. EPA avait alors classé ce solvant aromatique chloré comme hautement prioritaire en vertu du Toxic Substances Control Act (TSCA). Également en avril 2026, l’Institut national des sciences de la santé environnementale (NIEHS, Public Health Service, U.S. Department of Health and Human Services) publiait les résultats d’études toxicologiques par la voie respiratoire chez le rat et la souris dont les données visent à appuyer l’évaluation des risques et l’établissement de niveaux d’exposition acceptables à l’o-DCB dans les milieux environnementaux et professionnels.
L’o-DCB est une substance chimique à haut volume de production, c’est-à-dire qu’elle est produite ou importée dans au moins un pays ou une région membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques en quantité supérieure à 1 000 tonnes métriques par an. L’o-DCB est utilisé notamment pour le nettoyage et le décalaminage de moteurs d’automobiles, dans le marquage de la laine des moutons, en céramique (décor de glaçure) et en synthèse du diisocyanate de toluène utilisé pour la fabrication des polyuréthanes.
Les valeurs d’exposition admissible réglementaires au Québec en milieu de travail pour l’o-DCB sont de 25 ppm (8h) et 50 ppm (15 min), calquées sur les recommandations de l’ACGIH afin de prévenir l’irritation des voies respiratoires supérieures et des yeux ainsi que les dommages hépatiques.
Les publications récentes du U.S. EPA et du NIEHS sont susceptibles de mener à l’élaboration de valeurs limites d’exposition professionnelle réglementaires aux États-Unis en vertu du TSCA comme cela a été le cas pour le dichlorométhane (2 ppm, 8h ; 16 ppm, 15 min). Les valeurs limites de l’o-DCB risquent d’être plus sévères que celles de l’ACGIH dont les valeurs remontent aux années 1990.
Puisque l’anticipation des risques est une composante importante de l’hygiène du travail, l’équipe Solub recommande dès maintenant aux intervenants en santé au travail d’identifier les préparations contenant de l’o-DCB dans leur milieu et d’évaluer au moins sommairement le risque d’exposition.

