Une nouvelle valeur d’exposition admissible (VEA) entrait en vigueur au Québec le 1er mars 2026. Il s’agit de l’éther monobutylique du diéthylène glycol (DEGBE, n0 CAS 112-34-5) dont la VEA pondérée sur 8h est fixée à 10 ppm (67,5 mg/m3). Cet éther de glycol est utilisé notamment dans les nettoyants et les peintures en phase aqueuse. C’est un solvant peu volatil (tension de vapeur : 0,0027 kPa à 20 0C) de sorte qu’il est peu susceptible de dépasser sa VEA dans les milieux de travail. En effet, son rapport de danger de vapeur (VHR) est très faible (VHR = Csat/VEA = 26 ppm/10 ppm = 2,6). Hansen et Larsen rapportaient d’ailleurs des concentrations personnelles variant de 4 à 5 mg/m3 dans 15 milieux de travail durant l’application de peintures en phase aqueuse contenant 1,5 % en poids de DEGBE utilisé comme agent de coalescence. Plus récemment, une étude réalisée dans 32 piscines publiques en Finlande rapportait des niveaux personnels de DEGBE ne dépassant pas 76 µg/m3 chez des préposées au nettoyage utilisant des nettoyants contenant ce solvant.
Le décret du gouvernement québécois à l’origine de la nouvelle valeur limite pour le DEGBE n’indique pas la base sur laquelle le législateur s’est appuyé pour la fixer. On sait cependant que le comité-conseil 3.33.1 chargé de fixer les valeurs limites québécoises à la CNESST se fie aux recommandations de l’ACGIH. Cette dernière a fixé en 2013 sa valeur limite (TLV-TWA) à 10 ppm pour le DEGBE afin d’éviter les effets délétères hématologiques, hépatiques et rénaux.
En conclusion, l’équipe Solub répond comme suit à la question en rubrique : à moins de chauffer ou de pulvériser une préparation commerciale donnée contenant du DEGBE, il ne semble pas nécessaire de travailler au remplacement de cet éther de glycol pour protéger la santé au travail. Toutefois, il est toujours nécessaire de se protéger la peau et les yeux lors de l’utilisation de ce solvant ou de produits en contenant.

