Après la rareté des coupes pétrolières chez les entrepreneurs en peinture au Japon, voilà que les fabricants nippons de deux éthers de glycol ont annoncé une rupture de stock à leurs clients sud-coréens. Les deux solvants en question, soit l’éther monométhylique de propylène glycol (PGME) et son acétate (PGMEA) sont largement utilisés dans la fabrication des semiconducteurs. La baisse d’approvisionnement en pétrole en raison du conflit au Moyen-Orient a entraîné une pénurie de propylène, lequel est nécessaire à la fabrication de l’oxyde de propylène, lui-même essentiel à la synthèse des éthers de glycol basés sur le propylène glycol.

Il est pratiquement impossible de remplacer rapidement le PGME et le PGMEA dans les usines de semiconducteurs, car les différents essais nécessaires à une substitution réussie s’échelonnent sur une période d’une année. Les éthers de glycol basés sur le propylène glycol ont jadis remplacé avantageusement les éthers de glycol basés sur l’éthylène glycol en raison de la toxicité de ces derniers sur la fertilité et le développement. Personne ne voudrait revenir en arrière, mais de toute façon, l’éthylène est possiblement aussi en pénurie, car issu du pétrole. L’éthylène est nécessaire à l’obtention de l’oxyde d’éthylène, lui-même exigé dans la synthèse des éthers de glycol basés sur l’éthylène glycol. Des solvants issus de ressources renouvelables (biosolvants) pourraient-ils être une solution de rechange face à la pénurie du PGME et du PGMEA dans la fabrication des semiconducteurs?